Jockeys 15 octobre 2026 6 min de lecture 1 119 mots Mis à jour le 15 octobre 2026

Femmes jockeys : une place encore minoritaire dans les courses hippiques

Depuis quand les femmes montent-elles en course ? Ouverture tardive de la profession, allègement de poids, pionnières : ce que recouvre vraiment la place des femmes jockeys.

Par L'équipe HippoPulse
Femme portant une bombe de protection équestre auprès d'un cheval dans une écurie

Sur un partant de Quinté+, il n'est pas rare de croiser le nom d'une jockey parmi une majorité de montes masculines. Cette situation n'a rien d'anodin : elle est l'héritage d'une profession restée fermée aux femmes pendant l'essentiel de son histoire, et encore largement minoritaire aujourd'hui malgré une ouverture réglementaire ancienne.

Comprendre cette place particulière — ni interdite, ni encore pleinement équilibrée — aide à lire un programme sans idée reçue, qu'il s'agisse d'une jockey confirmée ou d'une apprentie qui débute sa carrière.

Une profession restée fermée aux femmes pendant longtemps

Pendant l'essentiel du XXe siècle, la monte en course professionnelle a été réservée aux hommes en France comme dans la plupart des grandes nations hippiques. Les femmes qui montaient à cheval le faisaient alors presque exclusivement dans un cadre amateur ou de loisir, sans accès à la licence professionnelle délivrée par les sociétés de courses.

L'ouverture officielle de la profession aux femmes jockeys, en France, remonte au début des années 1970, dans la continuité d'un mouvement plus large d'accès des femmes aux professions sportives jusque-là réservées aux hommes. Cette évolution réglementaire n'a toutefois pas produit une mixité immédiate sur les champs de courses : le nombre de licenciées est resté longtemps très faible, et la progression s'est faite par étapes, génération après génération.

Des pionnières qui ont ouvert la voie à l'étranger

Certaines cavalières ont marqué l'histoire mondiale des courses au point de devenir des références, loin de tout chiffre invérifiable : aux États-Unis, Julie Krone reste la seule femme à avoir remporté une épreuve de la Triple Couronne américaine, le Belmont Stakes, en 1993, avant d'entrer au National Museum of Racing's Hall of Fame. En Australie, Michelle Payne est devenue en 2015 la première femme à s'imposer dans la Melbourne Cup, l'une des courses de plat les plus suivies au monde — un exploit d'autant plus remarqué qu'elle concourait face à des jockeys parmi les plus expérimentés de la discipline.

Ces parcours, aussi marquants soient-ils, restent des exceptions statistiques dans un milieu qui demeure très majoritairement masculin. Ils illustrent surtout qu'aucune limite physique ou réglementaire n'empêche une femme de s'imposer au plus haut niveau, une fois la licence professionnelle obtenue.

L'allègement de poids : un dispositif mal connu

Comme pour les apprentis, certaines courses prévoient un allègement du poids porté par la monture lorsqu'elle est confiée à une jockey, dans des conditions fixées course par course par le règlement de la société organisatrice (France Galop pour le plat et l'obstacle, Le Trot pour le trot monté). Ce dispositif ne s'applique pas systématiquement : il dépend des conditions précises inscrites au programme de chaque réunion, qu'il faut toujours vérifier dans le partant définitif plutôt que supposer.

Pourquoi la mixité progresse lentement

Le poids très strict imposé sur le plat (voir notre article sur le métier de jockey) ne constitue pas, en soi, un obstacle propre aux femmes : hommes et femmes y sont soumis aux mêmes exigences. Les freins identifiés par les professionnels du secteur sont surtout structurels : l'accès aux montures de qualité dépend des choix des entraîneurs et des propriétaires, un cercle où les habitudes mettent du temps à évoluer, et les meilleures montes en course de Groupe restent, dans les faits, majoritairement confiées à des hommes.

Cette situation évolue toutefois génération après génération, notamment via les écoles de formation comme l'AFASEC, où filles et garçons suivent exactement le même parcours, du statut de lad jusqu'à l'obtention de la licence professionnelle.

Ce que cela change — ou pas — pour la lecture d'un partant

Le sexe d'un jockey n'est, en lui-même, ni un signal favorable ni un signal défavorable pour un pronostic : ce qui compte reste le classement du professionnel, sa complicité avec le cheval du jour et son éventuelle décharge de poids, apprentie ou non. C'est exactement la logique détaillée dans notre guide sur le classement des jockeys, qui reste le repère le plus stable, indépendamment du nom inscrit au programme.

À l'international, la place grandissante des femmes jockeys dans des courses majeures, à l'image de la Melbourne Cup évoquée plus haut et détaillée dans notre tour d'horizon des grandes courses internationales, confirme que ce critère ne doit jamais se substituer à une analyse objective du partant.

Une jockey ne se juge pas différemment d'un jockey : un classement, une forme du moment, une complicité avec la monture — rien de plus, rien de moins.

— L'équipe HippoPulse

Questions fréquentes

Questions fréquentes

Depuis quand les femmes peuvent-elles devenir jockeys professionnelles en France ?+

L'ouverture officielle de la profession aux femmes remonte au début des années 1970. Depuis, filles et garçons suivent le même parcours de formation, de lad jusqu'à la licence professionnelle, auprès des mêmes organismes (AFASEC, France Galop, Le Trot).

Existe-t-il un allègement de poids pour les jockeys femmes ?+

Certaines courses prévoient un allègement du poids porté par la monture lorsqu'elle est confiée à une jockey, selon des conditions fixées course par course dans le règlement. Ce n'est pas systématique : il faut toujours vérifier le partant définitif de la course concernée.

Qui sont les femmes jockeys les plus marquantes à l'international ?+

Julie Krone reste, aux États-Unis, la seule femme à avoir remporté une épreuve de la Triple Couronne américaine (Belmont Stakes, 1993). En Australie, Michelle Payne a été la première femme à gagner la Melbourne Cup, en 2015.

Le sexe d'un jockey doit-il influencer un pronostic ?+

Non : ce qui compte pour un pronostic reste le classement du jockey, sa forme du moment et sa complicité avec le cheval du jour, exactement comme pour n'importe quel professionnel, homme ou femme.

Sources & pour aller plus loin

Cet article s'appuie sur des sources officielles et publiques du monde hippique. Les données de courses et de jockeys citées proviennent des opérateurs et sociétés organisatrices listés ci-dessous.

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